Gestion environnementale

Quelles sont les étapes de mise en oeuvre ?

Evaluer

Cette première étape consiste à effectuer un état des lieux de l'entreprise à un instant donné. Son but est de déterminer les activités/installations qui ont des impacts sur l’environnement, d’identifier les règlementations applicables et de relever les modes de gestion actuels.

Ce bilan comprend l’examen de plusieurs volets, à savoir :

  • Les processus et le fonctionnement général de l'entreprise
  • La législation environnementale
  • Le suivi des factures, des consommations et des rejets
  • Les modes de gestion

Processus et fonctionnement général de l'entreprise

Avant tout, il est nécessaire de connaître les modes de fonctionnement de l'entreprise ainsi que les différents services qui la composent (production, maintenance, laboratoire, …).

Les activités doivent dès lors faire l’objet d’un inventaire. Plus celui-ci sera exhaustif, plus il sera possible de déterminer les impacts potentiels ou réels générés par les activités sur l'environnement. Pour ce faire, il est possible de s'appuyer sur différentes sources d'information, à savoir :

  • Une visite complète de l’entreprise en vue de comprendre, dans leur ensemble, les différents processus de fabrication et d’identifier les activités connexes concourant au bon fonctionnement du site (station d'épuration, laboratoire, …).
  • Les plans de l’entreprise. Ils permettent de mettre en évidence de manière très visuelle les différentes machines utilisées, les lieux de stockage de déchets, les types d'eaux rejetées,… il est par exemple possible de se baser sur les plans de sécurité incendie ou sur ceux repris dans la demande de permis d'urbanisme, permis unique ou permis d'environnement…
  • L’inventaire du matériel et des dépôts. Il permet de n’oublier aucune machine ou dépôt susceptible d’avoir un impact sur l’environnement ou d’être concerné par le permis d’environnement. Exemple : les compresseurs d’air sont concernés par la règlementation sur le permis d’environnement au-delà d’une certaine puissance.
  • Le guide de présentation de la société ainsi que certains rapports annuels.
  • Des observations personnelles et les échanges avec les différents responsables et les acteurs de terrain (technicien, responsable production, …)

Législation environnementale

Dans l’ensemble, on peut considérer que les exigences environnementales sont de deux types :

  • Les exigences générales reprises dans les différents textes de lois, arrêtés et décrets et qui s’appliquent à toute entreprise wallonne selon leurs champs d’application. 
  • Les exigences spécifiques qui s’appliquent à l'entreprise uniquement. Celles-ci figurent principalement dans le permis d’environnement/d’exploiter.

A l'entreprise de relever les textes de loi relatifs à l’environnement (eau, air, sol, déchets, permis d’environnement, ...) susceptibles de la concerner et d'identifier les éventuels manquements par rapport à ceux-ci.

Exemples : une cuve à mazout de 30 000 litres non reprise dans un permis d’environnement, le dépassement des normes de rejets d’eaux usées imposées dans le permis d’environnement, l'absence de cuves de rétention sous des fûts d’huile usagée, …

Suivi des factures, des consommations en matières premières et des rejets

Le suivi des données de consommations et de rejets est fondamental pour une gestion environnementale efficace. En effet, ces données constituent des indicateurs de premier plan permettant de mesurer l'évolution de l'activité et des modes de gestion de l'entreprise. Ce suivi permet notamment de mieux connaître les consommations et les coûts y afférents, d'identifier les anomalies et les éventuelles dérives de consommations, de relever d'éventuelles erreurs de facturation, de sensibiliser le personnel, de prioriser les actions d’amélioration et de vérifier l’impact positif de ces dernières.

L'eau, l'électricité, le gaz, le mazout et les déchets constituent les premiers postes à analyser. Réalisé régulièrement, ce travail est très simple et peu chronophage (quelques minutes par mois suffisent) alors que les enseignements peuvent conduire à des actions déterminantes.

Exemples: l’encodage mensuel des consommations en eau permet d’identifier rapidement d’éventuelles fuites; l’encodage des quantités de déchets produits et des coûts correspondant permet de mettre en évidence les déchets représentant le coût d'élimination le plus important ou encore d'optimiser la taille des conteneurs et les fréquences d'enlèvement.

Ce type de suivi peut être réalisé facilement au moyen d’un tableur dans lequel sont régulièrement encodées des données issues des factures et des compteurs.

Par ailleurs, afin d'assurer un suivi efficace, il est intéressant de choisir un/des indicateur(s) "de production" pertinent(s) (tonnage de produits finis, nombre d'heures de fonctionnement, nombre de travailleurs, indicateur climatique, …). Cela permet de comparer l'évolution des paramètres en fonction de l'activité de l'entreprise notamment. En effet, une augmentation de l'activité de l'entreprise s'accompagnera probablement d'une augmentation de la consommation d'énergie ou de la production de déchets. L'indicateur permettra donc de déterminer ces corrélations.

Modes de gestion

Les déchets sont-ils correctement triés ? La maintenance des installations est-elle prévue et réalisée ? Le personnel est-il suffisamment informé et sensibilisé ? Existe-t-il un code couleur pour la gestion des déchets ? …  En résumé, toutes les dispositions sont-elles prises pour prévenir et limiter au maximum les impacts de l'activité sur l'environnement ?

L'objectif est donc ici de faire un état des lieux des modes de fonctionnement de l'entreprise et d'identifier les améliorations possibles permettant de tendre vers des modes de gestion plus durables.

Améliorer

La conformité règlementaire constitue généralement une priorité pour toute entreprise qui souhaite améliorer sa gestion environnementale. D’une part, parce qu’elle lui permet d’exercer son activité en accord avec les principes réglementaires soucieux de protéger l’environnement. D’autre part, parce qu’elle lui permet d’éviter d’éventuelles sanctions (notamment financières) liées au non-respect de la législation. Outre les non-conformités règlementaires, l'absence de suivi des données de consommation ou une gestion perfectible des déchets (problèmes de tri) conduiront à des projets d’amélioration en interne.

Se basant sur l'état des lieux réalisé précédemment, une entreprise peut dès lors hiérarchiser les actions d'amélioration à mettre en œuvre. Cette hiérarchisation dépendra de plusieurs facteurs, dont :

  • La conformité règlementaire
    Respecter la législation en vigueur devrait constituer l'une des priorités de l'entreprise.
  • L'impact environnemental et/ou financier des différentes activités
    Quels sont les plus gros postes consommateur en énergie ? Quels sont ceux qui représentent le plus gros potentiel d'économie ? Le plus gros problème vient-il du rejet ou du traitement des eaux usées industrielles ? Y a-t-il un risque de pollution de sol lié à un stockage de produits dangereux ?...
  • L'image de l'entreprise en interne et en externe
    Il est en effet parfois pertinent de mener des actions ayant peu d'impact sur l'environnement mais qui seront perçues de manière très positive en interne par les membres du personnel. Le fait de revoir l'éclairage en est un bon exemple car même si non garante d'économies d'énergie, il s'agit d'une action particulièrement visible et qui a également comme autre avantage d'améliorer sensiblement le confort du personnel. Celui-ci sera alors plus enclin à respecter des consignes d'économie d'énergie.
  • Les problèmes particuliers que peuvent engendrer la situation ou la gestion actuelle de l'entreprise
    La mobilité des travailleurs pose-t-elle un problème particulier pour l'entreprise ou le souci principal vient-il de la gestion des déchets (taille ou localisation des conteneurs, absence ou non-respect du tri, …) ? …
  • Les contraintes techniques
    Les améliorations envisagées (une maintenance d'installations par exemple) demandent-elles un arrêt des lignes de production ou la réalisation de travaux de grande ampleur ? …

Vérifier

Rester attentif à l'évolution de l'entreprise

La situation d'une entreprise n'est pas figée dans le temps. Les activités et les installations évoluent (remplacement d'un moteur, déplacement d'un compresseur, ajout d'une ligne de production, installation d'une climatisation, nouveau stockage de produits dangereux, …). Ces changements peuvent, selon leur nature, induire l’apparition de nouveaux impacts potentiels sur l’environnement, modifier le mode de gestion de l’entreprise, impliquer de nouvelles obligations règlementaires voire même requérir une nouvelle demande de permis d’environnement. L'entreprise doit dès lors rester attentive à ces modifications et réagir en conséquence. 

Suivre la législation environnementale applicable à l'entreprise

La législation environnementale est en perpétuelle évolution ce qui induit de rester attentif aux changements de réglementations concernant les activités de l'entreprise.

Partager