Ecologie industrielle

L’écologie industrielle est un mode d’organisation industrielle caractérisé par une gestion optimisée des ressources et basé sur le recyclage de matières et d’énergie. Elle est complémentaire des autres approches préventives pour la réduction des impacts des activités sur l‘environnement.

La démarche d’écologie industrielle va au-delà des approches technologiques et répond à une logique collective de mutualisation et d’échanges (équipements, déchets, matières premières, énergie, services…).  Sa spécificité réside dans une compréhension systémique de ces enjeux : l’étude des flux de matières et d’énergie caractérisant une filière ou un territoire va révéler l’opportunité de réaliser des synergies entre des acteurs économiques. Elle peut être menée à des échelles différentes : parc d’activités, commune, région, ... Il n’existe pas d’échelle prédéfinie, cela dépend du contexte culturel, politique, économique et social du territoire mais aussi de la diversité des acteurs économiques qui composent celui-ci.

La mise en place de l'écologie industrielle

En pratique, la mise en place de démarches d'écologie industrielle n'est pas toujours simple. Des différentes expériences qui ont été réalisées à travers le monde, il ressort que 3 éléments essentiels sont susceptibles de faciliter la mise en place de démarches de ce type :

  • Une culture du collectif

L’écologie industrielle passe obligatoirement par une mise en réseau des entreprises. Celle-ci n’est pas forcément évidente car, d’un point de vue culturel et stratégique, les différents acteurs économiques n’ont pas l’habitude de travailler ensemble, de communiquer, ni d’échanger des informations sur leurs procédés de production et sur les ressources et les flux de leur entreprise.

La confidentialité qui règne autour de certains processus est d'ailleurs un frein majeur pour la mise en place de nouvelles synergies. Il est donc primordial que les entreprises se connaissent avant d'envisager des échanges, ne serait-ce que pour pouvoir identifier leurs besoins, mais aussi et surtout pour instaurer une relation de confiance entre elles.

  • Des infrastructures adéquates

Les parcs d'activités doivent pouvoir être aménagés de manière à favoriser des échanges. En fonction de la nature de ceux-ci, certaines infrastructures spécifiques seront peut-être nécessaires, comme par exemple des pipelines, des tapis roulants, des centres de regroupement, …

  • Une proximité géographique

Dans le choix de leur lieu d'implantation, les entreprises doivent non seulement inclure des critères relatifs aux synergies potentielles avec les entreprises déjà implantées (échanges possibles de matières ou de résidus), mais aussi tenir compte de leur proximité géographique.

Un important travail de sensibilisation et d'information est nécessaire pour inciter les entreprises à développer des démarches d'écologie industrielle leur permettant de diminuer leurs impacts sur l'environnement et de réaliser des économies. De même, l'aménagement des parcs d'activités et la réglementation doivent évoluer afin d'offrir des conditions favorables à la mise en place de cette démarche.

Les avantages de l'écologie industrielle

En prenant part à une démarche d’écologie industrielle les entreprises (mais aussi le parc d'activité économique lui-même et les différents acteurs locaux) peuvent tirer profit d’un certain nombre d'avantages:

  • la réalisation d’économies d’échelle grâce à la réduction des coûts de transport et de traitement des déchets et la génération de nouveaux revenus par la vente de sous-produits
  • l’amélioration de la compétitivité grâce à une valeur ajoutée environnementale, à des économies de matières premières et d’énergie
  • la réduction des pollutions
  • l’amélioration de l’image de l’entreprise aux yeux des fournisseurs et de la clientèle
  • l’adoption d’une stratégie pro-active et/ou de différenciation
  • le renforcement de l’attractivité de la zone d’activités et l'amélioration de l'image du territoire
  • la (re)localisation d'activités à proximité de ressources primaires ou secondaires nouvellement identifiées

La gestion collective

S'associer pour mieux gérer

Consommation d’énergie, gestion des déchets et des eaux usées, déplacements du personnel, aménagements des abords… les entreprises ont inévitablement un impact sur leur environnement. Afin de réduire ces effets, les entreprises peuvent apporter des solutions communes à ces problèmes individuels en se regroupant. Les responsables d’entreprises participant à la démarche peuvent alors échanger leurs expériences, faire part de leurs besoins et mutualiser leurs moyens. Au final, les améliorations obtenues peuvent être supérieures aux améliorations que chaque entreprise pourrait atteindre individuellement.

Dans un même parc d'activité économique (PAE), cette démarche apparaît encore plus pertinente. En effet, les zones d'activité, regroupant des entreprises dans un même espace géographique, facilitent la mise en place d'une telle démarche, mais ces actions collectives peuvent très bien porter sur des territoires plus larges, comme une région.

La gestion collective de l'environnement peut être définie comme une approche commune entre divers acteurs à la recherche de solutions pour permettre :  

  • de générer des économies d'échelles
  • d'intégrer à un moindre coût une gestion environnementale
  • de mettre en place des solutions optimisées et adaptées aux besoins des utilisateurs
  • de trouver des solutions difficilement abordables de façon individuelle
  • de permettre aux PME-PMI d'allier développement économique et minimisation des impacts environnementaux

Les stratégies de mutualisation peuvent concerner :

  • l’approvisionnement en commun de matières premières, de produits finis et semi-finis (approvisionnements en énergie, achats groupés, ...)
  • la mutualisation de services aux entreprises (collecte des déchets, traitement des eaux usées, transports en commun, sécurité/gardiennage, ...)
  • le partage d’équipements (machines, salles de réunion, parking, …) ou de ressources (emplois en temps partagés, ...)
  • les échanges et les interactions (résidus de productions, eau, vapeur). Ce dernier point s'inscrit pleinement dans les approches d'écologie industrielle.

L'intérêt de cette démarche est simple : augmenter la demande (fréquence, quantité, nombre d'usagers) pour obtenir de meilleures solutions techniques à un coût moindre. Par exemple, il sera moins coûteux de faire venir un camion pour collecter les papiers/cartons dans plusieurs PME que dans une seule.

De nombreux exemples d'actions collectives démontrent la faisabilité de ces opérations, aussi bien au niveau économique que technique. La principale difficulté est plus de l'ordre de la motivation personnelle et du manque de "culture du collectif".

Pour assurer la réussite d'un projet de gestion collective, il est nécessaire de :

  1. Créer un climat propice et de laisser le temps de se développer une culture du collectif. Cela peut se faire à travers l'organisation de rencontres entre les acteurs et la mise en place progressive d'actions. Cette mise en place doit privilégier dans un premier temps des actions simples et rapides à réaliser comme la signalétique ou un livret d'accueil. Ce n'est qu'une fois que les entreprises auront mené collectivement des premières opérations, qu'il sera possible de mettre en oeuvre des opérations plus complexes comme la gestion des déchets par exemple.
  2. Prévoir du temps pour des rencontres entre entreprises durant lesquelles elles peuvent échanger. Cela leur permettra de s'apercevoir qu'elles ont parfois les mêmes besoins ou rencontrent les mêmes difficultés.
  3. Appuyer la démarche sur une structure comme une association d'entreprises.
  4. Privilégier la présence d'un gestionnaire, animateur du parc, facilite la prise de contact et la mise en place de ces démarches. De plus, il permettra bien souvent de favoriser les rencontres et échanges entre entreprises mais aussi de créer une relation de confiance durable dans le temps.

Une base de données regroupant les expériences de gestion collective de l’environnement en Europe est disponible sur le site www.econetwork.eu


  A CONSULTER :

www.comethe.org

COMETHE est un projet français dont l’objectif était de concevoir des outils d’aide à la décision pour la mise en œuvre de l’écologie industrielle sur un parc d’activités ou un territoire

www.oree.org

ORÉE est une association française multi-acteurs créée en 1992. Elle rassemble plus de 150 entreprises, collectivités territoriales, associations professionnelles et environnementales, organismes académiques et institutionnels pour développer une réflexion commune sur les meilleures pratiques environnementales et mettre en œuvre des outils pratiques pour une gestion intégrée de l'environnement à l'échelle des territoires.

Écologie industrielle et territoriale : le guide pour agir dans les territoires

Collection "Références" du Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) (France)

"L’écologie industrielle et territoriale (EIT) répond parfaitement à l’enjeu de transition écologique des territoires par son approche innovante, systémique et transversale d’optimisation des flux de matières (eau, énergie, déchets). L’EIT se développe fortement depuis une dizaine d’années partout dans le monde. En France, une cinquantaine d’initiatives territoriales sont aujourd’hui recensées, sans compter les projets qui "en font sans le savoir".

Le Comité d’Animation Territoire durable et Écologie Industrielle (CATEI) réunissant ministères, collectivités locales, associations, entreprises, a co-construit avec les acteurs de terrain un guide méthodologique pour accompagner les collectivités dans la mise en oeuvre de projets d’EIT."

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