Contexte

La Wallonie fait face aujourd'hui à un défi majeur en matière de conservation de la nature : mettre un terme au recul de la biodiversité et, si possible, la restaurer.

La biodiversité, contraction de l'expression "diversité biologique", se définit comme la diversité des milieux naturels, des espèces faunistiques et floristiques ainsi que de leurs gènes.

La politique de l'Union européenne sur la conservation de la nature repose essentiellement sur deux directives, la Directive "Oiseaux" de 1979 et la Directive "Habitats" de 1992.  Ces deux textes de loi constituent le cadre juridique de base pour la protection de la nature en Europe.

La directive européenne "Habitats" (92/43/CEE) impose notamment aux États membres d’évaluer le statut de  conservation des habitats naturels et d’assurer leur maintien ou rétablissement dans un état de conservation favorable.

Biodiversité et économie

Depuis 2005, diverses initiatives ont contribué à faire prendre conscience de l’importance de la biodiversité d’un point de vue économique et social et du danger que représente sa dégradation. On peut citer par exemple le "rapport Stern", publié en 2006, qui démontre que les avantages d'une action ferme et précoce contre le changement climatique l’emportent de loin sur les coûts économiques de l’inaction.

La théorie économique a longtemps considéré la nature et ses ressources comme éternelles et illimitées, puisque gratuites. Cependant, les choix et comportements socio-économiques ont une influence sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes.

La biodiversité et les services rendus par les écosystèmes (les "services écosystémiques") sont absolument nécessaires à de nombreuses activités économiques et au bon fonctionnement des sociétés humaines. Ils sont donc source de valeur pour la société, même si cette valeur n’est pas toujours entièrement mesurable avec nos outils et unités actuels. Ne pas prendre en compte ces externalités peut alors mettre en danger économie et société.

Le "Millenium Ecosystem Assessment" (l'Evaluation des Ecosystèmes pour le Millénaire), étude menée à la demande de l’ONU de 2001 à 2005 qui a mobilisé plus de 1360 experts du monde entier, propose de classer ces services écosystémiques en 4 catégories :

  • Les services d’approvisionnement : nourriture, eau douce, fibres, ressources génétiques, ...
  • Les services de régulation : régulation des eaux, de la qualité de l’air, du climat, pollinisation, ...
  • Les services culturels : bénéfices récréatifs, esthétiques, scientifiques, pédagogiques, ...
  • Les services de soutien (= les processus sous-jacents nécessaires à la production de tous les autres services) : formation des sols, photosynthèse, cycle de l’eau, ...

La biodiversité en Wallonie

En analysant l’état de conservation des habitats naturels dans et en dehors des sites Natura 2000 en Wallonie (région continentale), selon 4 critères de base (étendue, superficie, structure et fonctionnement et perspectives futures), on constate que celui-ci est considéré comme mauvais pour 90% de la superficie concernée.

A l'échelle de la Wallonie, tous groupes confondus, 31% des espèces animales et végétales étudiées sont menacées de disparition et près de 9% ont déjà disparu. L'état de conservation d’une espèce résulte d’une combinaison de facteurs tels que la fragmentation, l’altération ou la disparition des habitats, l’incidence de pollutions diverses (pesticides, eutrophisation et autres pollutions de l'air, de l'eau ou des sols) ou la présence d’espèces exotiques envahissantes.

Plus d'informations sur etat.environnement.wallonie.be (Voir Rapport sur l’Etat de l’Environnement Wallon 2017, Chapitre 4 : Faune, Flore et Habitats).

L’objectif de stopper le déclin de la biodiversité pour 2020, fixé au niveau européen, est également inscrit dans la Déclaration de politique régionale 2017-2019 mais n’est malheureusement pas encore atteint. Des actions concrètes de terrain sont entreprises en partenariat avec différents acteurs gestionnaires du territoire (carrières, zones portuaires, infrabel, ...) dans le but d’intégrer la protection de la biodiversité dans tous les secteurs d’activité.

Réseau Wallonie Nature

Un réseau multi-facettes et muti-partenaires pour favoriser la biodiversité en Wallonie.

La Nature, partout, par tous ! Le Réseau Wallonie Nature concrétise la volonté de créer un ensemble de synergies entre les acteurs du territoire. Il vise à fédérer les actions en cours et les nouvelles démarches favorables à la biodiversité.

Sa fonction est de construire un maillage "Nature" constitué à la fois de zones de grand intérêt biologique et de zones de nature plus "ordinaire" dans lesquelles la biodiversité trouve sa place au cœur de l’activité humaine. Il est l’addition d’actions pragmatiques portées par les acteurs de terrain. Ainsi, ce Réseau "Nature" résultant de la mobilisation d’un Réseau Humain permet d’augmenter sensiblement le potentiel d’accueil de la vie sauvage sur le territoire wallon.

Vous trouverez des idées d’aménagements favorables à la biodiversité et des conseils pratiques pour les réaliser dans les fiches pratiques du Réseau Wallonie Nature disponibles en ligne sur le site http://biodiversite.wallonie.be

Réseau Natura 2000

Cette politique européenne prévoit de constituer dans toute l'Union européenne un réseau de zones spéciales de conservation dénommé "Natura 2000" dont la mise en pratique est de la responsabilité des Etats Membres.

Le projet Natura 2000 vise à assurer le maintien ou le rétablissement des habitats naturels et des espèces sauvages d’intérêt communautaire dans un état de conservation favorable via la restauration d’un réseau de sites naturels interconnectés, en application des directives européennes "Oiseaux" (79/409/CEE) et "Habitats" (92/43/CEE).

C'est à partir de 2001 que la Wallonie a initié la mise en œuvre de ces deux directives. Les premières mesures de protection sont d'ores et déjà prises sur le terrain et, à l'heure actuelle, les 240 sites Natura 2000 wallons couvrent une superficie de près de 220 000 ha, soit 13% du territoire régional, ce qui est relativement important dans une région densément peuplée comme la Wallonie.

Ils constituent les 3/4 de la structure écologique principale (SEP1), aussi appelé le réseau écologique wallon. Le réseau Natura 2000 est constitué à près de 70% par des forêts, représentant 28% des surfaces forestières wallonnes. Les prairies, jachères et vergers d’une part et les cultures d’autre part occupent respectivement 16% et 2% de la superficie totale du réseau, soit environ 5% des terres agricoles.

1 Outre les sites Natura 2000, la SEP réunit les périmètres non retenus par le Gouvernement wallon pour faire partie du réseau Natura 2000 ainsi que les sites de grand intérêt biologique (SGIB) qui comprennent notamment les sites naturels protégés.

Plus d'informations sur http://natura2000.wallonie.be

 

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